Indemnités kilométriques freelance : comment les déduire selon votre statut
Auto-entrepreneur, SASU, EURL, portage salarial — les règles de déduction des frais kilométriques ne sont pas les mêmes selon votre statut. Ce guide vous explique qui peut déduire quoi, comment, et quelle est la meilleure stratégie.
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Déduction par statut : comparaison rapide
La règle principale à retenir : seul le régime réel d'imposition permet de déduire des frais kilométriques. Les micro-entreprises (auto-entrepreneurs) ne peuvent pas déduire de charges réelles, quel que soit le montant de leurs déplacements.
Aucune déduction possible sur le CA. Déclarez en frais réels si vous avez par ailleurs des revenus salariés.
Utilisez le barème DGFIP. Tenez un carnet de bord précis. La déduction réduit directement votre bénéfice imposable.
En tant que gérant, déposez des notes de frais à votre société. La société déduit les IK de son bénéfice. Vous ne payez pas de charges sur ces remboursements.
Même principe que l'EURL. Vos notes de frais sont des charges déductibles pour la SASU. Non soumises aux cotisations sociales dans la limite du barème.
La société de portage rembourse vos frais de déplacement sur présentation de justificatifs. Ces remboursements réduisent votre chiffre d'affaires imposable.
Auto-entrepreneur : l'exception et la parade
En micro-entreprise, le fisc part du principe que l'abattement forfaitaire (34 % pour les prestations de services, 50 % pour les commerciaux) couvre déjà toutes vos charges, y compris les déplacements. Il n'est donc pas possible de déduire des frais réels en complément.
Deux exceptions méritent d'être connues :
Si vos déplacements professionnels représentent plus de 10 000–15 000 km/an, le passage en EI au régime réel, EURL ou SASU peut vous permettre de déduire ces frais et d'améliorer significativement votre revenu net. Utilisez nos calculateurs pour comparer. Comparer SASU vs Micro →
SASU et EURL : la procédure des notes de frais
En société (SASU, EURL, SARL), la mécanique est simple : vous utilisez votre véhicule personnel pour un déplacement professionnel, vous remplissez une note de frais, et votre société vous rembourse sur la base du barème DGFIP.
Notez la date, le trajet (départ → arrivée), la distance exacte en km et l'objet du déplacement (ex : « Rendez-vous client Dupont SAS, Lyon »).
Compilez vos déplacements dans une note de frais. Appliquez le barème kilométrique DGFIP en fonction de la puissance fiscale de votre véhicule et du kilométrage cumulé annuel.
La société vire le montant calculé sur votre compte personnel. Ce remboursement est une charge déductible pour la société et n'est pas soumis à cotisations sociales ni à l'impôt sur le revenu pour vous.
Conservez vos notes de frais et un carnet de bord pendant au moins 6 ans (durée de prescription fiscale). En cas de contrôle, vous devrez prouver le caractère professionnel de chaque déplacement.
Exemple chiffré : freelance SASU, voiture 5 CV, 15 000 km/an
Les erreurs classiques à éviter
Questions fréquentes
Auto-entrepreneur : puis-je déduire mes frais kilométriques ?
Non, pas directement. En micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire de charges réelles de votre chiffre d'affaires — l'abattement forfaitaire (71%, 50% ou 34% selon l'activité) est censé couvrir toutes vos charges, y compris les déplacements. La seule solution pour déduire vos frais kilométriques réels est de changer de statut (SASU, EURL, EI au régime réel) ou d'utiliser le barème dans votre déclaration de revenus si vous avez un véhicule affecté à votre activité.
En SASU, comment déduire mes frais kilométriques ?
En SASU, vous pouvez soit verser des indemnités kilométriques à vous-même en tant que président (elles sont des charges déductibles pour la société et non imposables pour vous dans la limite du barème DGFIP), soit affecter le véhicule à la société et déduire les frais réels. La première option est généralement plus avantageuse fiscalement pour les petits kilométrages.
Quel justificatif conserver pour les indemnités kilométriques ?
Vous devez tenir un carnet de bord (journal de bord) mentionnant pour chaque déplacement professionnel : la date, le lieu de départ, le lieu d'arrivée, la distance parcourue et l'objet du déplacement. En cas de contrôle fiscal, ce document est votre seule preuve. Un fichier Excel ou une application mobile (comme MileIQ ou Tripmile) suffit, à condition d'être tenu à jour.
Puis-je déduire mes frais kilométriques domicile-bureau ?
Partiellement. Le trajet domicile-lieu de travail principal est déductible dans le cadre des frais réels, mais plafonné à 40 km par trajet aller (80 km aller-retour). Au-delà, vous devez justifier l'éloignement par des raisons professionnelles ou familiales impérieuses. Ce plafond ne s'applique pas aux déplacements chez des clients ou chantiers.
Barème kilométrique ou frais réels de carburant : que choisir ?
Le barème kilométrique est toujours plus avantageux que la simple déduction du carburant car il inclut l'amortissement, l'assurance et l'entretien. La seule raison de ne pas utiliser le barème serait si vous avez une voiture de société (vous ne pouvez pas utiliser le barème) ou si vos frais réels documentés sont supérieurs au barème (rare et difficile à prouver).
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