Auto-entrepreneur, SASU ou EURL : quel statut juridique choisir en 2026
Le choix du statut juridique conditionne vos charges, votre protection sociale et votre capacité à croître. Ce comparatif complet vous aide à décider en 5 minutes — sans jargon.
Le bon statut dépend de 3 facteurs
Avant de comparer les statuts, posez-vous ces trois questions. Vos réponses détermineront presque mécaniquement le statut optimal.
Sous 50 000€/an, l'auto-entrepreneur reste souvent gagnant malgré ses plafonds. Au-delà, SASU ou EURL deviennent plus pertinents fiscalement.
Assimilé-salarié (SASU) = cotisations élevées mais couverture proche du salarié. TNS (EURL/AE) = cotisations plus faibles mais protection moindre sur la retraite et les arrêts maladie.
Si vous prévoyez d'embaucher, de lever des fonds ou d'entrer des associés : SASU. Si vous restez solo avec un CA stable : EURL ou AE suffisent.
Auto-entrepreneur (micro-entreprise) : pour qui ?
Le régime micro-entrepreneur est le statut le plus simple qui existe en France. Création en 24h, pas de comptabilité complexe, charges proportionnelles au CA.
SASU : pour qui ?
La Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle est la forme sociétale la plus flexible pour un indépendant solo. Vous êtes à la fois président (assimilé-salarié) et actionnaire unique.
Idéal pour : Freelance confirmé avec CA supérieur à 50 000€, ambition de croissance, besoin d'une image professionnelle renforcée, ou souhait de séparer clairement patrimoine personnel et professionnel.
EURL : pour qui ?
L'Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée est une SARL à un seul associé. Le gérant majoritaire a le statut de Travailleur Non Salarié (TNS), ce qui change radicalement la structure des cotisations.
Tableau comparatif rapide
| Critère | Auto-entrepreneur | SASU | EURL |
|---|---|---|---|
| Charges sociales | 22% du CA | ~75% du salaire brut | ~45% du bénéfice |
| Plafond CA | 77 700€ / 188 700€ | Aucun | Aucun |
| Impôt | IR (micro-BIC/BNC) | IS (15% → 25%) | IS ou IR (option) |
| Protection sociale | TNS basique | Assimilé-salarié | TNS renforcé |
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Questions fréquentes
Peut-on passer d'auto-entrepreneur à SASU ?
Oui, et c'est même le parcours le plus courant. Vous fermez votre micro-entreprise (déclaration de cessation d'activité sur le guichet unique) et créez une SASU en parallèle. Il est conseillé de chevaucher les deux statuts sur quelques semaines pour assurer la continuité de facturation. Attention : si vous avez des clients en cours, prévenez-les du changement de structure (nouveau RCS, nouveau numéro de TVA).
Quel statut choisir pour une activité secondaire ?
L'auto-entrepreneur est de loin le statut le plus adapté pour une activité secondaire. Les formalités sont minimales, les charges ne sont dues que si vous avez du CA, et la compatibilité avec un CDI est totale. La SASU est disproportionnée pour une activité secondaire en raison des coûts fixes (comptable, dépôt de comptes, cotisations minimales).
Auto-entrepreneur et CDI sont-ils compatibles ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Il faut cependant vérifier votre contrat de travail (clause d'exclusivité ou de non-concurrence) et l'accord de votre employeur si votre activité indépendante est dans le même secteur. La DGFIP cumule les revenus pour l'impôt sur le revenu, mais les cotisations sociales restent séparées.
SASU sans comptable, c'est possible ?
Techniquement oui, mais fortement déconseillé. La SASU exige le dépôt de comptes annuels au greffe, une comptabilité d'engagement (accrual accounting), et potentiellement la gestion de la TVA. Des logiciels comme Indy ou Pennylane peuvent aider, mais une révision annuelle par un expert-comptable (à partir de 800€/an) reste recommandée pour éviter des erreurs coûteuses.
Quel statut pour facturer des clients étrangers ?
Les trois statuts permettent de facturer des clients étrangers. Cependant, la SASU offre une image plus professionnelle à l'international (numéro RCS, capital social visible). Pour les clients UE, la TVA intracommunautaire s'applique différemment selon le statut et le seuil de CA. L'auto-entrepreneur sous le seuil de franchise TVA ne facture pas la TVA, ce qui peut être un avantage ou un inconvénient selon les clients.