IS ou IR : quel régime fiscal choisir pour son entreprise en 2026 ?
IS ou IR — le choix du régime fiscal peut représenter plusieurs milliers d'euros d'écart sur votre imposition annuelle. Voici les 5 critères de choix et une simulation comparative pour 3 profils types.
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IS vs IR : la différence fondamentale expliquée simplement
À l'impôt sur les sociétés (IS), c'est la société qui est redevable de l'impôt sur ses bénéfices. Le dirigeant est ensuite imposé personnellement sur sa rémunération et les dividendes qu'il perçoit. Il y a deux niveaux de taxation distincts.
À l'impôt sur le revenu (IR), les bénéfices de la société remontent directement dans la déclaration d'imposition personnelle du dirigeant — qu'il se soit ou non versé une rémunération. La société est fiscalement transparente.
- •La société paie l'impôt sur ses bénéfices
- •Le dirigeant se verse une rémunération (imposée à l'IR)
- •Les dividendes sont soumis à la flat tax (30 %)
- •Résultat en société = non imposé personnellement
- •La société est fiscalement transparente
- •Les bénéfices = revenus du dirigeant (même non distribués)
- •Un seul niveau d'imposition
- •Déficits imputables sur le revenu global
Quelles sociétés peuvent choisir entre IS et IR ?
Toutes les sociétés ne peuvent pas choisir librement leur régime fiscal. La possibilité d'opter pour l'IR dépend de la forme juridique et de critères de taille.
IR par défaut, option IS possible et définitive
IS par défaut, option IR possible sur 5 exercices max
IS par défaut, option IR possible 5 ans si < 5 ans, < 50 salariés, < 10 M€ CA
IR par défaut, option IS possible
IR uniquement (pas de structure sociétaire)
Avantages de l'IS
Les PME dont le CA est inférieur à 10 M€ bénéficient d'un taux IS réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice (2026). Au-delà, le taux normal est de 25 %.
Charges de personnel, loyer, matériel, frais de représentation, amortissements — tout est déductible du résultat imposable, réduisant la base taxable.
Un déficit à l'IS peut être reporté sur les bénéfices des années suivantes (report en avant indéfini) ou imputé sur les bénéfices des 3 années précédentes (carry back).
Le bénéfice laissé en société n'est pas imposé à l'IR du dirigeant tant qu'il n'est pas distribué. Excellent pour financer la croissance en réinvestissant les profits.
Avantages de l'IR
Pas d'IS à calculer ni à déclarer séparément. Votre résultat est directement intégré à votre déclaration de revenus personnelle. Idéal pour démarrer sans complexité.
En cas de déficit, la perte est immédiatement déduite de vos autres revenus (salaires, revenus fonciers). Un avantage fiscal immédiat en phase de démarrage déficitaire.
Un seul niveau d'imposition. À l'IS, les dividendes distribués sont re-taxés après l'IS. À l'IR, une seule imposition sur la totalité du résultat.
Pour un dirigeant avec de faibles revenus globaux, l'IR peut être moins coûteux que le taux IS minimum de 15 % si sa tranche marginale est inférieure.
Le taux IS 2026 : 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà
En 2026, le barème IS applicable aux PME éligibles au taux réduit est le suivant :
| Tranche de bénéfice | Taux IS 2026 | Condition |
|---|---|---|
| De 0 à 42 500 € | 15 % | CA < 10 M€, capital libéré détenu 75 % par personnes physiques |
| Au-delà de 42 500 € | 25 % | Taux normal |
Le seuil du taux réduit a été relevé progressivement ces dernières années. Il était de 38 120 € jusqu'en 2023. En 2026, il est fixé à 42 500 €. La condition de capital libéré détenu à 75 % par des personnes physiques est essentielle — elle exclut les filiales de grands groupes.
Simulation comparative IS vs IR pour 3 profils
Ces simulations sont indicatives. Elles comparent l'imposition globale (société + dirigeant) selon le régime, pour illustrer les ordres de grandeur. Consultez un expert-comptable pour votre situation.
20 000 × 15 % = 3 000 € IS Dividendes : 17 000 × 30 % = 5 100 € Total : 8 100 €
20 000 × 11 % = 2 200 € + cotisations TNS (~45 %) = 9 000 € Total : 11 200 €
IS : 42 500 × 15 % + 37 500 × 25 % = 15 750 € Sur 50 000 distribués : 15 000 € flat tax Total : 30 750 €
80 000 × 41 % = 32 800 € + cotisations TNS sur 80 000 = 36 000 € Total : 68 800 €
Déficit N reporté en avant Bénéfice imposable N+1 : 40 000 − 15 000 = 25 000 € IS : 25 000 × 15 % = 3 750 €
Déficit N imputable sur revenu global immédiatement Bénéfice N+1 : 40 000 imposé à la TMI Impact dépend des autres revenus du foyer
La clause de bénéfice d'IS pour les SNC et SARL de famille
Les SARL de famille (associés uniquement des parents en ligne directe ou frères et sœurs) peuvent opter pour l'IR. Cette option, encadrée par l'article 239 bis AA du CGI, est limitée à 5 exercices et irrévocable une fois les 5 ans passés.
Les SNC (sociétés en nom collectif) sont soumises par défaut à l'IR mais peuvent opter pour l'IS à tout moment. Cette option est en revanche définitive.
- Moins de 5 ans d'existence à la date de l'option
- Activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale
- Effectif inférieur à 50 salariés
- CA annuel ou total bilan < 10 M€
- Capital détenu à 50 %+ par des personnes physiques, dont 34 %+ par le dirigeant ou sa famille
Comment changer de régime fiscal en cours de vie sociale
Changer de régime fiscal est possible, mais selon des règles strictes et avec des conséquences irréversibles dans certains cas.
Option IS possible à tout moment. L'option est en principe irrévocable après le délai de renonciation (5 ans pour certaines structures). La décision doit être notifiée au SIE avant la clôture du premier exercice concerné.
Possible uniquement si la société remplit encore les critères d'éligibilité à l'option IR (< 5 ans d'existence). Un retour à l'IR après passage à l'IS est extrêmement rare et limité.
Une société en option IR peut renoncer à cette option avant son terme (5 exercices). La renonciation doit être notifiée avant le début de l'exercice concerné. Le retour à l'IS est alors définitif.
Le changement de régime fiscal a des conséquences sur les déficits reportés, les amortissements, la valeur des actifs et la rémunération du dirigeant. Un mauvais timing peut coûter plusieurs années d'avantages fiscaux.
Les 5 critères pour trancher entre IS et IR
Questions fréquentes
Une SASU peut-elle être à l'IR ?
Oui, mais sous conditions strictes. La SASU peut opter pour l'IR pendant ses 5 premiers exercices si elle remplit les critères : moins de 5 ans d'existence, activité commerciale, artisanale, agricole ou libérale, moins de 50 salariés, CA ou bilan inférieur à 10 M€, et capital détenu à au moins 50 % par des personnes physiques. L'option est irrévocable une fois les 5 ans écoulés.
L'option IR en SARL est-elle limitée dans le temps ?
Oui. L'option IR pour les SARL de famille ou les SARL assimilées est valable pour 5 exercices maximum. Au-delà, la société bascule automatiquement à l'IS. Il est possible de renoncer à l'option IR avant la fin des 5 ans — le retour à l'IS est alors définitif.
IS et dividendes : est-ce vraiment avantageux ?
À l'IS, les bénéfices sont taxés à 15 % (jusqu'à 42 500 €) puis 25 %. Les dividendes distribués ensuite subissent la flat tax à 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). Au total, la taxation cumulée IS + flat tax est d'environ 40,75 % sur les bénéfices distribués. À l'IR, tout le bénéfice est taxé à votre tranche marginale + cotisations TNS. L'avantage IS/dividendes est réel pour les gérants majoritaires dans les tranches IR élevées (30 %+) qui peuvent laisser des sommes en société.
Peut-on cumuler IS pour la société et flat tax pour soi ?
Oui, c'est précisément la logique IS + flat tax (PFU). La société paie l'IS sur ses bénéfices. Vous distribuez ensuite des dividendes, soumis à la flat tax de 30 % à titre personnel. C'est différent de l'option pour le barème progressif (qui peut être plus avantageux si vous êtes peu imposé). L'optimisation consiste à arbitrer chaque année entre dividendes, rémunération et mise en réserve selon votre situation personnelle.