IS ou IR : quel régime fiscal pour votre société en 2026 ?
IS ou IR — ce choix se fait souvent à la création, en quelques secondes, sans vraiment en mesurer les conséquences. Pourtant, selon votre résultat et votre situation familiale, l'écart peut atteindre 15 000 à 40 000 € par an de net conservé. Simulez votre situation en 2 minutes.
Pourquoi ce choix est l'une des décisions fiscales les plus importantes de votre vie de dirigeant
À la création d'une EURL ou d'une SASU, le choix du régime fiscal conditionne la façon dont votre bénéfice sera imposé — et par qui. À l'IR, c'est vous qui payez l'impôt directement sur le résultat de la société, comme si c'était votre revenu personnel. À l'IS, c'est la société qui paie l'impôt sur ses bénéfices, et vous êtes imposé séparément sur ce que vous vous versez (salaire ou dividendes).
La conséquence est radicale : avec l'IS, vous pouvez laisser des bénéfices dans la société et ne les sortir que lorsque c'est fiscalement optimal. Avec l'IR, vous êtes imposé sur l'intégralité du résultat, que vous l'ayez encaissé ou non. Pour un dirigeant qui réinvestit, la différence est considérable.
IS vs IR : les différences fondamentales
Avant le simulateur, il est essentiel de comprendre ce qui distingue structurellement les deux régimes.
| Critère | IS (SASU) | IR (EURL) |
|---|---|---|
| Qui paie l'impôt | La société (sur ses bénéfices) | Le dirigeant (sur sa déclaration personnelle) |
| Taux | 15% jusqu'à 42 500 € · 25% au-delà | Barème progressif 0 → 45% (selon parts et revenu) |
| Moment d'imposition | À la clôture de l'exercice (différé possible) | Immédiat sur le résultat, même non encaissé |
| Flexibilité rémunération | Élevée : salaire + dividendes séparés | Limitée : tout le résultat est imposé |
| Déficits | Reportables indéfiniment en avant ou 1 an en arrière | Imputables sur le revenu global du foyer |
| Sortie des bénéfices | Dividendes soumis à flat tax 30% (ou barème) | Pas de distribution — résultat = revenu personnel |
Le point qui change tout en 2026 : L'EURL à l'IR est soumise à 45% de cotisations TNS sur la totalité du résultat, avant même l'IR. Pour un résultat de 80 000 €, cela représente 36 000 € de cotisations. À l'IS (SASU), vous contrôlez votre rémunération et optimisez les cotisations. C'est exactement ce que le simulateur compare.
Le simulateur interactif IS vs IR
Ajustez votre résultat, la part versée en rémunération (scénario IS) et votre situation familiale. Le simulateur compare en temps réel ce que vous conservez dans chaque régime.
Quand l'IS est clairement avantageux
À ce niveau, le taux marginal à l'IR (30-41%) dépasse souvent l'IS à 25%, et surtout les cotisations TNS (45%) alourdissent considérablement la facture IR. L'IS permet de n'imposer à 25% que la partie non distribuée.
Si vous comptez réinvestir vos bénéfices (embauche, équipement, développement commercial), l'IS est imbattable : vous réinvestissez après avoir payé 15-25% d'impôt, contre 45%+ à l'IR.
La personnalité morale de la SASU à l'IS isole votre patrimoine personnel. Les créanciers de la société ne peuvent pas (en principe) saisir vos biens personnels.
Vous pouvez accumuler des bénéfices dans la société et les distribuer les années où votre revenu personnel est plus faible (retraite, sabbatique, changement de situation). L'IR ne laisse aucune flexibilité : vous êtes imposé maintenant.
Quand l'IR reste pertinent
Si vous anticipez des pertes les premières années, l'IR vous permet d'imputer ces déficits sur votre revenu global (revenus du conjoint, autres revenus). À l'IS, les déficits restent bloqués dans la société.
En dessous de 20-30 000 € de résultat, l'IR peut être compétitif : les cotisations TNS créent de la protection sociale, et la TMI reste basse (0-11%). Le simulateur vous donnera la réponse exacte selon votre situation.
L'EURL à l'IR relève souvent d'obligations comptables allégées. Pas de formalisme de distribution de dividendes, pas d'AGO, pas d'IS à déclarer séparément. Pour une activité simple et modeste, c'est un avantage réel.
Si vous prévoyez de passer à l'IS dans les prochaines années (croissance, associé entrant), démarrer à l'IR vous laisse cette option. L'inverse — passer de l'IS à l'IR — est beaucoup plus contraignant après 5 ans.
Seuil de bascule approximatif selon votre situation familiale
Ces seuils sont indicatifs et supposent que le dirigeant à l'IR reverse la totalité du résultat en revenu personnel, et que le dirigeant à l'IS verse environ 60% en rémunération et 40% en dividendes.
| Situation familiale | Seuil approximatif IS > IR | Commentaire |
|---|---|---|
| 1 part (célibataire) | ~30 000 € de résultat | En dessous, l'IR peut être compétitif car les cotisations TNS (45%) sont déductibles et la TMI reste faible. |
| 2 parts (couple) | ~45 000 € de résultat | Le quotient familial atténue l'IR, rendant le régime IR attractif jusqu'à un résultat plus élevé. |
| 3 parts (couple + 2 enfants) | ~60 000 € de résultat | Avec une famille nombreuse, l'IR reste compétitif jusqu'à des résultats plus importants grâce au quotient familial. |
4 pièges à éviter absolument
Passer de l'IR à l'IS en cours d'activité entraîne une taxation des bénéfices en report (réserves non distribuées). Ce "boni de liquidation fiscal" peut représenter une facture importante. Anticipez ce coût avant toute décision de changement de régime.
IS/IR concerne l'imposition des bénéfices — pas la TVA. Une EURL à l'IR peut très bien être assujettie à la TVA (régime réel). Les deux sujets sont totalement indépendants et doivent être traités séparément.
À l'IS, vous payez DEUX impôts : l'IS sur les bénéfices de la société, et l'IR sur votre salaire ou dividendes personnels. Ce n'est pas de la double imposition au sens strict — c'est deux entités fiscales distinctes — mais il faut bien comprendre que ces deux flux existent.
À l'IR, les cotisations TNS (45% environ) s'appliquent sur la totalité du résultat, avant même l'IR. Beaucoup de dirigeants comparent IS et IR en oubliant ce poste majeur — et sous-estiment considérablement le coût de l'IR pour des résultats élevés.
Le simulateur donne une estimation comparative — mais votre situation réelle (niveau d'activité, charges déductibles, objectif retraite, investissements prévus) peut modifier l'arbitrage. Un expert-comptable spécialisé dirigeants vous donnera une projection chiffrée sur 3 ans.
Questions fréquentes
Une EURL peut-elle opter pour l'IS ?
Oui. L'EURL est soumise à l'IR par défaut, mais l'associé unique peut opter pour l'IS. Cette option est irrévocable au-delà de 5 ans : une fois passé ce délai sans renonciation, le retour à l'IR devient impossible. L'option IS pour une EURL permet notamment de capitaliser des bénéfices dans la société et de distribuer des dividendes soumis uniquement à la flat tax (30%), sans cotisations TNS si les dividendes restent sous 10% du capital.
Peut-on revenir de l'IS à l'IR ?
Le retour de l'IS à l'IR est possible dans les 5 premières années suivant l'option IS — une fenêtre à ne pas manquer. Au-delà, l'option IS est définitive pour les EURL. Pour une SASU ou une SAS, la société est structurellement à l'IS et ne peut pas opter pour l'IR (sauf régime fiscal des sociétés de personnes, limité et temporaire). Ce point est souvent sous-estimé lors de la création : choisir l'IS au lancement est facile, en revenir est difficile voire impossible.
L'IS signifie-t-il que le bénéfice est imposé deux fois ?
C'est le reproche classique fait à l'IS — et il est partiellement fondé. Le bénéfice est d'abord taxé à 15% ou 25% au niveau de la société (IS), puis les dividendes distribués sont soumis à la flat tax de 30% (ou au barème IR). Mais ce n'est pas nécessairement pire qu'à l'IR : un entrepreneur à l'IR avec un résultat de 100 000 € et 1 part fiscale peut payer jusqu'à 30-41% d'IR + 45% de cotisations TNS, soit un taux global très supérieur à la double imposition IS + flat tax.
Le micro-entrepreneur est-il concerné par le choix IS / IR ?
Non. Le micro-entrepreneur relève obligatoirement du régime IR (avec versement libératoire optionnel). Il n'a pas de personnalité morale distincte, donc pas d'IS. Ce choix IS/IR ne s'applique qu'aux sociétés : EURL, SARL, SASU, SAS, etc. Si vous êtes actuellement en micro-entreprise et envisagez de vous développer, la question du passage en société — et donc du régime fiscal — se posera naturellement lorsque vos revenus excèderont les plafonds du micro.
Une holding change-t-elle la donne ?
Oui, significativement. Avec une structure holding (société mère à l'IS + filiale opérationnelle à l'IS), le régime mère-fille permet de remonter les dividendes de la filiale vers la holding avec une imposition quasi nulle (quote-part de frais et charges de 5%). La holding peut ensuite réinvestir ces fonds sans frottement fiscal immédiat. Cette structuration est particulièrement intéressante pour les dirigeants cherchant à capitaliser et réinvestir, plutôt qu'à se distribuer l'intégralité des bénéfices. Elle implique des coûts de gestion supplémentaires et se justifie généralement à partir de 150 000-200 000 € de résultat annuel.
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